wiseoldgeek

Quand j'avais 14 ans je me levais de bon matin pendant toutes les vacances d'été pour aller faire du roller sur la place du marché de chez moi avant qu'il fasse trop chaud. J'en garde des super souvenirs, tourner en rond pendant des heures, me gameller, revenir les mollets ou les genoux en sang.

Quand le vent frais se lève tout d'un coup, par surprise, et que en même temps ça fait sèche cheveux et ça te permet d'avancer sans effort ...

Ou quand tu réussis ce trick que tu as tenté toute la semaine parce que tu avais vu un autre gars plus âgé le faire et qu'il avait la classe.

C'était vraiment une autre époque, pas de smartphone, pas de GPS. Tu disais juste à ta mère où tu allais et avec du bol tu revenais à la maison en un seul morceau. Tu faisais gaffe à pas tomber trop fort pour pas devoir finir à l'hosto mais zéro surveillance.

Maintenant j'ai des enfants, et je me lève pour apprendre à mon fils a rouler. Casque, protège genoux, protège poignets, “on ne monte pas sur un truc qui roule sans protections”. Ça fait vieux daron mais pas moyen que je gère un genou plié à l'envers ou une fracture du crâne.

C'est une autre époque, les protections ça tient chaud, surtout quand il fait 25°C, mais le but est toujours le même : pas finir à l'hosto.

Et on recommence : tourner en rond sur la place du marché, freiner, s'arrêter, les bases. Je sais pas s'il rêvera de grind et de slides, mais en attendant ça fait des bons souvenirs aussi.

Ça faisait longtemps (environ 25 ans, quand j'ai quitté la fac) que j'avais pas fait d'optimisation, mais j'ai eu l'occasion de m'y remettre récemment pour un projet.

C'était sympa pour une fois d'être celui qui écrit le programme de calcul et pas juste de la glue entre les données et le modèle mathématique. En général, ça c'est la partie “pour les adultes responsables” (les mathématiciens et les ingénieurs, pas les nerds de l'IT comme moi). Et quelque part, c'est aussi gratifiant de faire un truc qui a une utilité directe, au lieu de faire le figurant dans le business de quelqu'un d'autre. Bien sûr ça reste modeste, c'est l'équivalent mathématique de faire clignoter une LED sur un Arduino en suivant un tuto, pas de quoi fanfaronner.

Après je prétends pas non plus que j'y serais arrivé sans Claude qui m'a quand même écrit les équations de base en utilisant cette chouette librairie ortools faite par Google. Ensuite j'ai passé un bon moment à ajuster les paramètres et maintenant ... ça me calcule exactement mes besoins en hardware pour déployer mes solutions sur OpenShift.

Et comme c'est un modèle d'optimisation qui pond les résultats, ça a bizarrement plus de poids que quand je dis que j'ai besoin de serveurs:

”– j'ai besoin de 2 serveurs supplémentaires – non, trop cher – c'est un solveur mathématique qui l'a dit – en quel coloris, les serveurs?”

J'en reviens pas d'avoir attendu autant de temps avant de connaître cet OVNI qu'est Hokuto no Ken. Tout fleure bon le nanard, c'est fou. Et hypnotique. Tellement hypnotique.

Le scénar est rincé, les personnages clichés, et pourtant, bah je regarde.

Et c'est pas comme si j'avais rien à regarder hein, j'ai bien 3-4 trucs en attente là, mais non, je regarde un mec qui a les sourcils les plus phat du monde exploser son t-shirt à la moindre occasion et le récupérer comme neuf juste derrière. J'espère qu'il y a une explication in-universe de la reconstitution du t-shirt, vraiment.

Omae wa mou shindeiru

Fou...